Melchior Broederlam

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

Détail du retable de Jacques de Baerze peint par Melchior Broederlam , (1394-99), musée de Dijon
Détail du retable de Jacques de Baerze peint par Melchior Broederlam , (1394-99), musée de Dijon

Melchior Broederlam (date de naissance inconnue) actif entre 1381 et 1409, est un peintre et décorateur néerlandais qui a travaillé à la cour de Philippe le Hardi. [1]

Sommaire

[modifier] Vie

On sait peu de choses sur sa vie, sinon qu'il travaille à Ypres, en Flandre, et qu'il est au service du comte de Flandres avant d'entrer à celui de son gendre, le duc de Bourgogne Philippe le Hardi, en 1381 ; il y restera jusqu'en 1409[2]. À partir de 1387 il apparaît sur les registres comme « varlet de chambre » et à partir de 1391 comme peintre attitré de la cour de Bourgogne. Il est chargé de peintures religieuses, notamment des retables, mais aussi de la conception de bannières et d'écussons, ainsi que de la décoration du palais ducal à Hesdin. Il est probable qu'il fait un ou plusieurs séjours à Paris, alors centre artistique important grâce au mécénat de Charles V. En 1390, le sculpteur Jacques de Baerz reçoit commande d'un retable pour l'église de la chartreuse de Champmol, dont le duc de Bourgogne souhaite faire la nécropole de sa dynastie. Le retable est d'abord sculpté à Termonde, puis peint à Ypres par Broederlam. Il est installé à Dijon en 1399[2].

[modifier] Œuvre

C'est un peintre raffiné et subtil, dont les figures sont peintes avec beaucoup d'élégance. Il peint des paysages imposants, dans des teintes de vert et de marron qui font ressortir les bleus et les rouges des vêtements et des draperies. Ses architectures gothiques illustrent les premiers tâtonnements de la peinture européenne pour représenter l' illusion perspective[3], le panneau de gauche jouant avec une perspective oblique, le panneau de droite avec une perspective frontale[4].

Le paysage qui se détache sur un fond doré est un héritage de la peinture byzantine[2]. les critiques observent également l'influence siennoise dans la scène de la Présentation au temple, et celle des artistes parisiens dans l'élégance des drapés[2].

La Fuite en Égypte est remarquable par le réalisme vigoureux des détails, notamment celui de la figure de Saint Joseph, représenté sous les traits d'un paysan en train de se désaltérer.

Retable de la Crucifixion (partie basse) pour l'église de la Chartreuse de Champmol

[modifier] Annexes

[modifier] Notes et références

  1. Musée du Web article Broederlam
  2. abcd Notice de Sophie Jugie pour le Retable de la crucifixion
  3. Erwin Panofsky , La perspective comme forme symbolique, Les éditions de Minuit (1976), page 26
  4. La Perspective comme forme symbolique, pp. 170-179

[modifier] Articles connexes

[modifier] Liens et documents externes

  • Retable de la Crucifixion
  • (es) Azcárate Ristori, J. M.ª de, ”Pintura gótica del siglo XV”, en Historia del arte, Anaya, Madrid, 1986. ISBN 84-207-1408-9
  • Châtelet (Albert), Groslier (Bernard-Philippe) (sous la dir. de), Histoire de l'art, Larousse, Paris, 1995, 1109 p.
  • (es) Maneyre-Dagen, N., Leer la pintura, Spes Editorial, S.L., 2005. ISBN 84-8332-598-5.
  • Panofsky Erwin, La Perspective comme forme symbolique, Les éditions de Minuit (1 janvier 1976).
  • Panofsky, Erwin, Les Primitifs Flamands (Early Netherlandish Painting) (1953)