Delphine Seyrig

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

Delphine Seyrig est une actrice française née le 10 avril 1932 à Beyrouth (Liban), décédée le 15 octobre 1990 à Paris (France), à l'âge de 58 ans, des suites d'un cancer du poumon.

Sommaire

[modifier] Biographie

Antoine Doinel, dans Baisers volés, dit du personnage interprété par Delphine Seyrig : « Ce n'est pas une femme, c'est une apparition ». Delphine Seyrig trouve en Alain Resnais et en François Truffaut deux réalisateurs qui, en quelques films, la rendent inoubliable, en particulier par le timbre de sa voix, que Michael Lonsdale compare à un violoncelle[1].

Son père était archéologue et sa mère aventurière. Elle vit une enfance heureuse, se plonge sans contrainte dans les livres et dès seize ans prend ses premiers cours d'art dramatique avec Pierre Bertin et Tania Balachova.

À vingt ans, elle décroche son premier rôle, l'Amour en papier de Louis Ducreux. Delphine envisage d'entrer au TNP, mais sa voix est jugée trop particulière. Elle part pour Hollywood, et tourne son premier film, Pull My Daisy, de Robert Frank (1958).

En 1960 elle revient à Paris, elle joue Un Mois à la campagne, d'Ivan Tourgueniev, sous la direction d'André Barsacq au Théâtre de l'Atelier. Elle rencontre Alain Resnais. Il lui confie un rôle clé dans L'Année dernière à Marienbad. Elle connaît aussitôt une notoriété mondiale.

Au théâtre, elle interprète Jean-Claude Carrière (L'Aide-Mémoire), Harold Pinter (La Collection, L'Amant), Peter Handke (La Chevauchée sur le lac de Constance), le plus souvent sous la direction d' André Barsacq ou de Claude Régy.

A. Resnais, en 1963, lui confie le rôle d'"Hélène Aughain" dans Muriel, ou le temps d'un retour.

En 1968, sous la direction de François Truffaut, elle joue la troublante "Fabienne Tabar" de Baisers volés. Dans ce film charnière du cycle Antoine Doinel, elle est à la fois l'incarnation de la femme romantique et inaccessible mais aussi la représentation de la femme réaliste et maîtresse de son destin.

Au cinéma, elle tourne avec les meilleurs : William Klein (Qui êtes-vous, Polly Maggoo ?, 1966 et Mister Freedom, 1968) ; Marguerite Duras (La Musica, 1966, India Song, 1975 et Baxter, Vera Baxter,1977) ; Joseph Losey (Accident (film, 1967)|Accident, 1967) ; Jacques Demy (Peau d'Âne, 1970) ; Luis Buñuel (La Voie lactée, 1969 et Le Charme discret de la bourgeoisie, 1972); Chantal Akerman (Jeanne Dielman, 23, quai du commerce, 1080 Bruxelles, 1975). Elle joue avec Sami Frey, son compagnon, dans le film ovni le Journal d'un suicidé de Stanislas Stanojevic, sélectionné à Cannes et à Venise en 1972.

Pour la télévision, elle interprétera Mme de Mortsauf dans l'adaptation du Lys dans la vallée tournée par Marcel Cravenne en 1970.

Parallèlement à sa carrière artistique, elle mène aussi, souvent aux cotés de Marguerite Duras, une vie de militante.

Elle est enterrée au cimetière du Montparnasse à Paris.

[modifier] Références

  1. Delphine Seyrig, Portrait d'une comète, sur le site artfilm.ch.

[modifier] Source

  • Source initiale : http://nezumi.dumousseau.free.fr/seyrig.htm

[modifier] Voir aussi

[modifier] Bibliographie

  • François Poirié, Comme une apparition : Delphine Seyrig, portrait, Actes Sud, coll. « Domaine français », Arles, 28 février 2007, 147 p. (ISBN 978-2-7427-6673-4)

[modifier] Lien externe*