Alexis-Joseph Rostand

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

Pour les articles homonymes, voir Rostand.

Alexis-Joseph Rostand né le 23 janvier 1769 à Orgon (Bouches-du-Rhône) et décédé le 27 janvier 1854 à Marseille a été négociant , président du tribunal de commerce et maire de Marseille.

Sommaire

[modifier] Biographie

[modifier] Environnement familial

Alexis-Joseph Rostand est le fils de Alexis Rostand (18 juillet 1726-1er novembre 1789), maître drapier époux de Marguerite Lions (1740-1825) qui eurent 12 enfants dont :

  • Bruno Xavier Rostand (1780-1860) époux Marie-Thérèse Jourdan qui eurent cinq fils dont Albert Rostand (1818-1891) négociant armateur et banquier et Jules Rostand (1820-1889) négociant et fabricant d’huile.
  • Alexis-Joseph Rostand, maire de Marseille et époux de Marie Thérèse Julie Rostand. Ils eurent un fils Joseph Alexis Rostand (1804-1867) receveur municipal, marié avec Françoise Sébastienne Félicie de Ferrari. De ce mariage naquirent deux fils :
    • Eugène Joseph Hubert Marius Rostand (1843-1915), époux d'Angèle Guyot dont trois enfants parmi lesquels le célèbre auteur dramatiqueEdmond Rostand.
    • Alexis Jean Hubert Rostand (1844-1919) musicien, auteur du livre «  La musique à Marseille » et président du Comptoir National d’Escompte de Paris (future B.N.P.)

Alexis Rostand est donc le grand-père d’un musicien célèbre et l’arrière-grand-père d’un auteur renommé.

[modifier] Période révolutionnaire

A la mort de son père en 1789, il avait 20 ans et était simple commis dans une fabrique de bonnets de laine d’un ami de son père.

L’arrivée du général Carteaux le 31 juillet 1793 à Marseille l’obligea à quitter cette ville et à s’engager dans la garde républicaine de l’armée de Dugommier. Il est nommé lieutenant et se distingue dans les Pyrénées-Orientales. Malgré cela les jacobins le firent emprisonner à Perpignan. Libéré, il revient à Marseille où sa famille avait été ruinée par le marasme économique de la période révolutionnaire.

[modifier] Début d’activités

Son ancien patron se retirant des affaires l’associe à son gendre dans l’usine de fabrication de bonnets de laine dits « gasquets ». Rappelons qu’à Marseille en 1821, il y avait au total 6 fabriques de ce type qui employaient 3.300 ouvriers et produisaient annuellement environ140.000 bonnets de laine. Alexis Rostand se fait rapidement connaître et dés 1812 il siège au Tribunal de commerce dont il assure deux fois la présidence de mars 1815 à juillet 1817 et de mai 1827 à avril 1829. Il est nommé administrateur de la Charité en 1802, intendant de la santé en 1814 et membre du Conseil Municipal de 1817 à 1830.

Ses nombreuses activités ne l’empêchent pas de se consacrer à la musique. Un quatuor à cordes est formé entre Bruno-Xavier Rostand premier violon, Alexis-Joseph violoncelle, son fils Joseph second violon et un autre Joseph Rostand (frère des deux premiers) alto. C’est au cours d’une de ces réunions musicales que furent exécutés pour la première fois à Marseille les quatuors de Beethoven que Bruno Rostand avait ramené d’un voyage au Levant[1].

Doué d’un talent remarquable d’écrivain, il a composé un grand nombre de mémoires, rapports et discours dont beacoup ont été imprimés et qui traitent des problèmes commerciaux tels que la législation des grains, des laines ou de la franchise do port de Marseille.

Il fut par ailleurs vice président puis président de la Caisse d’Epargne qui venait d’être créée, président de la chambre de commerce et d’Industrie et membre de la société de statistiques. Il envisage la création d’une compagnie marseillaise de la Méditerranée pour la navigation à vapeur, mode de propulsion des navires qui se développe rapidement. Ce projet ne se réalisa pas.

[modifier] Maire de Marseille

Le 10 août 1830 Louis-Philippe le nomme maire de Marseille. Il tente d’améliorer les relations entre le préfet Thomas et les Mazenod, l’oncle Fortuné évêque et son neveu Eugène futur évêque de Marseille. Il obtint ainsi que la croix des Accoules reste en dehors de l’église alors que le préfet demandait qu’elle soit placée à l’intérieur, mais que les fleurs de lys qui décoraient certains monuments religieux soient enlevées[2].

Il siège également au Conseil général où il est élu 14 fois président de 1835 à 1848.

[modifier] Décès

Il s’éteint le 27 janvier 1854 à Marseille dans sa 86e année. Il était officier de la légion d’honneur. Le maire de Marseille, Mr. Le comte de Chanterac rendit hommage à cet homme de grande honorabilité qui sut allier le sens des affaires et les qualités intellectuelles. Dans un discours qui a été imprimé il dit : « la mort d’un homme prend le caractère d’un deuil général pour la cité quand elle vient frapper un de ses citoyens éminents qui parcourent une longue carrière et s’y firent distinguer par toutes les vertus publiques et privées. »[3] En sa mémoire la ville de Marseille a donné son nom à une rue du 10me arrondissement.

[modifier] Bibliographie

  • Académie de Marseille, Dictionnaire des Marseillais, Edisud, Marseille, 2001, (ISBN 2-7449-0254-3)
  • Paul Masson sous la direction de, Encyclopédie des Bouches-du-Rhône, Archives départementales, Marseille, 17 volumes, H.Barré, tome XI.
  • Octave Teissier, Les anciennes familles marseillaises, Publications populaires, Marseille, 1888, chapitre XIII.

[modifier] Références et liens

  1. Roland Caty et Eliane Richard, Armateurs marseillais au XIXe siècle, Chambre de commerce et d’industrie de Marseille, 1986, page 259, (ISBN 2-900732-00-X)
  2. Jean Leflon, Eugène de Mazenod, évêque de Marseille, fondateur des missionnaires Oblats de Marie Immaculée (1782-1861), Edition Plon, Paris, 3 volumes 1957, 1960 et 1965, tome II pages 389 et 392
  3. Discours prononcé par M. le comte de Chantérac sur la tombe de feu Alexis Rostand, officier de la légion d’honneur, Barlatier-Feissat, Marseille, 1850, page 4